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Le Handicap dans l'enseignement

Avertissement : les données de ce document émanent d'une recherche documentaire réalisée en 2003 par l'association et illustrent un point de vue particulier n'engageant que HANDISUP.

1-L'accès à la scolarité de droit commun : une exception.

Sur 233 000 enfants handicapés de 3 à 20 ans recensés (environ 2% des enfants), 18,5% ne sont pas scolarisés, 5% ne bénéficient d'aucune prise en charge. Concernant les 190 000 élèves handicapés scolarisés :
  • 49% ne sont pas scolarisés par l'Éducation Nationale (établissements médico-éducatifs et sanitaires).
  • 30% bénéficient de l'enseignement adapté de l'Éducation Nationale (CLIS-UPI-SEGPA-EREA).
  • 21% des élèves handicapés suivent une scolarité individuelle ordinaire (seulement 17% à plein temps).
88 % des élèves handicapés sont pris en charge en fonction de leur déficience. La dispersion géographique des prises en charges spécialisées, notamment pour les déficiences motrices et sensorielles, éloigne bien souvent ces jeunes de leur famille ou oblige les familles à changer de domicile voire de profession.
Ces situations sont globalement mal vécues par les jeunes. Certains sont découragés par l'éloignement subi de la famille et des copains. D'autres, suivent des formations ne correspondant pas à leur projet, d'autres encore se rabattent sur les cours par correspondance. D'autres enfin, subissent des ruptures de parcours scolaire ou arrêtent leurs études avant la fin. En plus de ces difficultés qui ne facilitent pas la réussite, les transports scolaires induits par l'éloignement géographique pèsent sur les dépenses sociales.

2-L'accès à l'enseignement supérieur structurellement limité.

L'organisation de la scolarisation des enfants et adolescents handicapés ne facilitent pas toujours la réussite des études et par conséquent l'accès au lycée. Orientés en fonction de leur déficience, la plupart des "lycéens" handicapés suivent une formation professionnelle, compatible avec leurs incapacités en secteur médico-social ou en lycée professionnel, sanctionnée principalement par un CAP ou au BEP.
De plus, l'orientation des élèves handicapés en milieu scolaire est limitée par le législateur à 20 ans. Les Centres d'information et d'orientation (CIO), à deux exceptions prêts, n'ont pas de compétences particulières en la matière. Enfin, les conditions d'accueil des 7650 étudiants en situation de handicap recensés sont inégales selon les établissements d'enseignement supérieur. Les universités et les écoles d'ingénieur universitaires nomme un chargé d'accueil mais qui ne dispose pas d'une permanence d'accueil dans toutes les villes universitaires (0,41% d'étudiants handicapés recensés).
  • Les STS et les CPGE, bénéficient des mesures dédiés aux lycéens handicapés (0,43% d'étudiants handicapés recensés).
  • Les grandes écoles, les écoles supérieures et les IUFM ne sont pas organisés en la matière (0,1% d'étudiants handicapés en école, 0,09% à l'IUFM).

3-L'insertion professionnelle peu préparée pendant les études.

35 % des étudiants handicapés suivent une formation qui épare directement à un métier (STS, IUT, grandes écoles, écoles, IUFM, Santé, 3ème cycle universitaire). Ils bénéficient de plusieurs stages et de modules de préparation de l'insertion professionnelle, inclus dans le cursus. Les autres étudiants suivent une formation générale à l'Université ou en classe préparatoire, notamment en Lettres et Sciences humaines. Comme tous les étudiants de ces formations, ces étudiants n'ont quasiment aucun contact organisé avec le monde professionnel avant la fin des études, s'ils ne sollicitent pas leur établissement en la matière.

Depuis plusieurs années, les étudiants développent leurs relations avec les entreprises et mettent en place des ateliers de techniques de recherche d'emploi, des espaces insertion dans les centres de documentation et sur leur site INTERNET, des bureaux des stages et du premier emploi, des forums de rencontres, etc. Toutefois, face au grand nombre d'étudiants à mobiliser et à accompagner dans les universités, ce mieux indispensable reste limité. La dimension du handicap est rarement prise en compte dans ces dispositifs, alors que la situation de handicap de ces étudiants le nécessite.

Compte tenu du très faible niveau de formation des demandeurs d'emploi reconnus "travailleur handicapé" (80% ont un niveau inférieur ou égal à 5) , les jeunes diplômés ne sont pas considérés comme prioritaires.
Seules, des associations comme l’AFIJ ou de type HANDISUP ou TREMPLIN, complètent le dispositif en amont du marché du travail, avec le soutien de l'AGEFIPH. Toutefois l'implantation de ces dispositifs ne couvre pas tout le territoire et sur certains territoires tous les étudiants handicapés.

D'après les experts, les jeunes sont souvent désorientés par l'opacité du marché du travail :
  • manque de lisibilité des services publics de l'emploi et de l'insertion,
  • manque de références sur les compétences demandées par les employeurs,
  • manque de repères sur les conditions de recrutement,
  • manque de circuits directs pour entrer en relation avec les employeurs.


Les profils de ces jeunes sont peu diversifis (profils tertiaires très majoritaires avec une grande partie se destinant à la fonction publique ou au secteur social, profils industriels et techniques rares). Conséquence : à l'échelle d'un bassin d'emploi une offre au-dessus du niveau bac rencontrera rarement le profil recherché. Les offres mobilisées par les programmes départementaux sont rarement compatibles avec la formation initiale des étudiants handicapés.

4-L'accès au collège: point fort en Loire-Atlantique.

D'après nos estimations, le taux de scolarisation des enfants et des adolescents handicapés en Loire-Atlantique serait plus fort que la moyenne nationale (+3,5 points). Toutefois, les élèves handicapés seraient moins scolarisés par l'Éducation Nationale que sur le plan national (41%, -10 points).
En Loire-Atlantique, le taux de prise en charge des élèves handicapés en fonction de leur déficience par les secteurs sanitaire, médico-social ou spécialisé de l'Éducation Nationale, atteindrait 97% (9 points supérieurs à la moyenne nationale). En terme de résultat, la présence des élèves handicapés au collège est supérieure aux données nationales. Ce résultat est dû principalement aux classes d'intégration collective.

5-L'accès à l'enseignement supérieur, encore plus limité en Loire-Atlantique.

L'accès au lycée est inférieur aux données nationales. Cette situation limite encore plus l'accès à l'enseignement supérieur que sur d'autres territoires.

Aucun étudiant handicapé ne suit de classe préparatoire aux grandes écoles. Les étudiants handicapés sont également proportionnellement moins représentés qu'au niveau national en STS (0,16 %) , à l'IUFM (0,06%) et à l'Université (0,31%). Les étudiants handicapés sont toutefois proportionnellement plus présents dans les écoles et formations supérieures professionnelles (0,5%). Globalement, les étudiants handicapés de Loire-Atlantique suivent plus souvent une formation à caractère professionnel que sur le plan national (43% contre 34%).
Le nombre d'étudiants handicapés a été multiplié par 7 depuis 1990 (146 contre 21), alors que sur la même période au niveau national ce nombre a été multiplié par 3,5 (7650 contre 2132).
Sur le plan régional, 281 étudiants handicapés sont recensés pour 101 594 étudiants en février 2003 (0,28%), 203 à l'université (0,4%), 41 en grandes écoles, écoles, ou formation supérieures (0,22%), 24 en STS (0,15%), 10 en classe préparatoire aux grandes écoles (0,29%), 3 à l'IUFM (0,09%). En comparaison aux données nationales, la région est en retard en matière d'accès des jeunes handicapés à l'enseignement supérieur. Les résultats sont comparables dans les universités et à l'IUFM. Ils sont meilleurs dans les écoles et les formations professionnelles supérieures. Le point faible concerne l'accès aux STS et aux CPGE (les étudiants handicapés devraient être 2 fois plus nombreux).

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